Ils font la Paulée… Yves de Suremain

Yves de Suremain

Interview Yves de Suremain

« La fête fait partie du travail du vigneron »

Yves de Suremain préside la Confrérie de la Saint-Vincent et disciples de la Chanteflûte, une assemblée qui s’attache à promouvoir les vins de Mercurey.

Pouvez-vous nous présenter la confrérie que vous présidez ? 

Elle est d’abord une société de secours mutuel (il y en avait dans tous les villages), puisque c’est notre première sécurité sociale ou mutualité sociale agricole. Cela a ensuite évolué, souvent sur des partenariats plus festifs et communicatifs. La Confrérie de la Chanteflûte est née en 1972 ; elle a eu pour vocation, plus que la société de secours mutuel tout en la gardant un peu, de promouvoir les vins de Mercurey. La Chanteflûte est la pipette que l’on plonge dans le vin pour aller le chercher dans le tonneau.

Quel est le sens pour vous de la tradition, en général, si l’on évoque le défilé des confréries, les intronisations et la messe solennelle ?

Pour nous, il y a quand même un sens de tradition chrétienne, puisque les sociétés de secours mutuel étaient toujours, au départ, sous l’égide d’un Saint. Chaque corporation avait un Saint qui la protégeait, toutes ces sociétés ont existé sous le vocable d’un Saint, donc dans la tradition chrétienne on fête son Saint. Je crois qu’il est très important de la garder, la preuve en est qu’on arrive à remplir la cathédrale, par des vignerons, les paroissiens de Chalon, par des gens qui suivent la religion de loin. Mais qui sont toujours épatés lorsqu’une belle cérémonie se fait, parce que cela les ramène à leurs sources chrétiennes. Quant au fait de défiler dans les rues de Chalon, c’est la même chose : on est heureux de montrer son métier, son Saint, la façon dont on vit. Faire la fête fait partie du travail du vigneron, aussi.

Qu’est-ce qu’une intronisation précisément ?

La Confrérie de la Chanteflûte est née en 1972 ; elle a eu progressivement pour vocation de promouvoir les vins de Mercurey. A cette époque nous avions imaginé un système communicatif de promotion de l’appellation, en demandant à nos membres qui le voulaient d’introniser des personnes. Ces dernières, si elles sont parrainées par au moins deux membres de la Confrérie, peuvent être intronisées et deviennent ambassadeurs de nos vins de Mercurey. Ils font ainsi un peu allégeance à l’appellation.

Quelle importance revêt la Paulée à vos yeux ?

Avec un ami, j’ai été l’inventeur de la Paulée. Nous avions monté une association de vente de vins et nous discutions beaucoup ensemble. Nous nous disions qu’il n’était pas normal que Chalon existe, qu’on s’appelle Côte chalonnaise et que rien ne ramène une fête vineuse sur Chalon. Nous avons donc décidé de créer la Paulée en suivant un peu les préceptes de la St-Vincent : le défilé, la messe… Nous sommes allés voir le maire de Chalon (à l’époque D. Perben), qui nous a donné son aval, puis cela a monté en puissance. Mais c’était surtout montrer, faire une fête vineuse à Chalon, qui est notre capitale. Et elle a toujours du succès. Il a fallu quand même que nous nous battions pour la maintenir, réussir à avancer. La municipalité actuelle prend les choses en mains, mais c’est à nous de rappeler chaque fois que c’est bien une fête vineuse, et non une fête comme une autre. Et ce sont bien les vignerons qui viennent à Chalon, il faut toujours garder cette symbiose.